Articles taggés avec ‘Pierrick’

C’est ici que tout bascule

Mercredi 14 juillet 2010

Après le troisième épisode, consacré à mon apprentissage, poursuivons ensemble la lecture de la biographie “Henri Dès : du Fils au Père”.

Ton père n’avait jamais eu l’intention de te lâcher la bride entièrement. Il espérait encore une carrière plus reluisante pour son fiston. Et c’est pour cette raison qu’il t’avait fait inscrire à des cours du soir de mathématiques supérieures, à l’Université populaire de Lausanne, en parallèle à ton apprentissage. Peut-être ainsi aurais-tu pu exercer le beau métier d’architecte, plutôt que simple dessinateur en bâtiment. Qui sait ? Un soir justement, rentrant chez toi après avoir rempli distraitement la lourde tâche du fils qui tente tant bien que mal de faire plaisir à son père, des chiffres et des calculs universitaires, vespéraux et populaires plein la tête, tu avais remarqué une affiche annonçant un concours amateur de chansons au Café du Bourg, juste en dessous du Cinéma du Bourg, en haut de la rue de… Bourg.

Attention ! C’est ici que tout bascule.

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Dessinateur en batiment

Vendredi 9 juillet 2010

Après le second épisode, consacré à ma scolarité, poursuivons ensemble la lecture de la biographie “Henri Dès : du Fils au Père“.

Le lundi 2 septembre 1957, trente ans jour pour jour avant mon entrée en apprentissage comme électronicien, tu entamais le tien en tant que « dessinateur architecte » selon toi, « dessinateur en bâtiment » selon ton livret d’apprentissage. Mais c’est vrai qu’« architecte » c’est plus classe. « Bâtiment », ça fait tout de suite plus prolétaire. Ton patron était un certain Jean Dufour, et il suffit d’un rapide coup d’oeil à ton carnet de notes pour comprendre que tu n’y excellais pas vraiment. La plus haute appréciation atteignable pour un apprenti en ce temps-là était le 1, et tu n’en avais eu que deux en tout et pour tout sur la durée totale de ton calvaire de trois ans (un en sciences naturelles appliquées, et un en calcul). Tu avais même réussi à te faire punir un soir (il faut le faire à 17 ans), pour flagrant délit de flânerie professionnelle.
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Ce jeune homme possède des aptitudes intellectuelles qui lui permettraient d’arriver au baccalauréat, à condition de fournir un sérieux effort

Mercredi 7 juillet 2010

Après le premier épisode, poursuivons ensemble la lecture d’extraits de la biographie “Henri Dès : du Fils au Père”.

À la fin de ton livret scolaire du Collège classique cantonal jauni, page 16, on peut lire la date de ton départ de l’établissement: 12 juin 1957. Sans autre mention. Selon mes calculs, c’était un an trop tôt. Pour obtenir ton diplôme de fin d’études secondaires en bon redoublant, tu aurais dû finir en 1958, mais ton manque d’ambition… Tu as quitté l’école obligatoire les mains dans les poches, presque vides. Je parle de tes mains évidemment, le presque c’est pour le gros poil qui devait s’y trouver. C’est tout juste si tu ne sifflotais pas. À peine si tu ressentais ce petit goût amer au fond de la gorge, typique des tâches inachevées.

Afin d’illustrer la situation au mieux, je te propose de rire avec moi, et de bon coeur, à la lecture, dans son intégralité, de ce que dit le rapport d’un diagnostic psychotechnique daté du 8 avril 1957, réalisé à ton endroit juste avant la fin de ta dernière année d’école :

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