Articles taggés avec ‘Pierrick’

Le joli mois de mai 1975

Mercredi 8 septembre 2010

Après le dix-neuvième épisode, et le succès qui suivit l’Eurovision, poursuivons ensemble la lecture de la biographie “Henri Dès : du Fils au Père”.

Le 6 mai 1975, cinq ans après ma naissance, ma soeur Camille avait fait irruption dans notre vie. Suivant le même scénario que pour moi (on change pas une équipe qui gagne). Et c’est peu après cet événement qu’un changement s’était opéré en toi. Tu t’étais soudain mis à pondre des textes et des mélodies qui n’avaient plus grand-chose de chansons destinées à un public d’adultes. Selon toi, la première du genre fut Les trois petits canards. Rapidement suivie d’un tas d’autres. Ça sortait tout seul. Ce nouveau style t’était absolument naturel. Dans le lot de ces toutes premières chansons pour enfants se trouvaient L’escargot et La bête à bon Dieu.
Lire le reste de cet article »

À la seconde où le coeur de ton père avait cessé de battre…

Mercredi 21 juillet 2010

Après le cinquième épisode, consacré à mon père, poursuivons ensemble la lecture de la biographie “Henri Dès : du Fils au Père”.

Les artères de ton père se sont définitivement bouchées le 6 juin 1958.

Il avait 57 ans, tu en avais 17. Il est mort sans crier gare, en pleine journée, dans les bras de ta mère, avec sa tristesse et ses secrets.

À la seconde où le coeur de ton père avait cessé de battre, tu étais penché sur ta table à dessin. À ta place de travail. Loin, très loin d’imaginer que la terre allait s’arrêter de tourner. Pendant quelques minutes encore après son dernier souffle, tu as continué à vivre dans l’insouciance. Alors que ta mère, elle, était déjà plongée tout entière dans la douleur. Cette latence me fascine. Ne pas savoir. Ne pas être là quand le malheur arrive. Avoir la chance de pouvoir faire comme si rien n’avait changé. Pendant quelques instants de plus. Alors que TOUT a changé. Mais sans pouvoir profiter pleinement de cette ignorance salutaire, car tu n’en as pas la moindre idée. Puis soudain, un coup de fil. Le patron qui vient t’annoncer avec des yeux de cocker que tu n’as plus de père. Que c’est définitif. Que l’homme de la famille maintenant, c’est toi !

Tu es descendu chez tes parents un peu groggy et incrédule. Tu regardais les gens dans la rue, et tu ne comprenais pas comment ils pouvaient continuer à faire leurs courses, à travailler, à vaquer à leurs occupations sans se préoccuper de ton cataclysme interne. Ton père venait pourtant de mourir, BON DIEU ! Mais non, pas un regard compatissant, rien. Devant leur incompréhension, tu avais séché tes larmes.

Le meilleur pédicure de Lausanne

Vendredi 16 juillet 2010

Après le quatrième épisode, consacré à mes débuts au Café du Bourg, poursuivons ensemble la lecture de la biographie “Henri Dès : du Fils au Père”.

En fait, sans vouloir me vanter, je crois que ton père était LE meilleur pédicure de Lausanne, et peut-être même du monde, voire de l’univers… Il était probablement le meilleur Père Noël aussi, car sous ses airs sombres, il était d’une tendresse infinie, et avait revêtu la cape, la hotte, les bottes et la barbe à chaque Noël, dans un scénario rituel bien rôdé que tu as reproduit pour Camille et moi, et que je ferai durer le plus longtemps possible, jusqu’à ce que mon fils reconnaisse enfin mes mains, comme Nicole et toi aviez reconnu les siennes. Georges était sévère, mais juste. Distant, mais à l’écoute. Toujours prêt à discuter pour vous comprendre et vous aider. « Si tu veux faire le clown, apprends le métier et va le faire dans un cirque, mais pas à table ! » et « Sois le meilleur balayeur du quartier plutôt qu’un mauvais médecin », sont deux phrases d’anthologie prononcées par Georges. De ces phrases paternelles qu’il suffit d’entendre une fois dans l’enfance pour en garder la marque indélébile toute la vie durant.

Lire le reste de cet article »