Le joli mois de mai 1975

Après le dix-neuvième épisode, et le succès qui suivit l’Eurovision, poursuivons ensemble la lecture de la biographie “Henri Dès : du Fils au Père”.

Le 6 mai 1975, cinq ans après ma naissance, ma soeur Camille avait fait irruption dans notre vie. Suivant le même scénario que pour moi (on change pas une équipe qui gagne). Et c’est peu après cet événement qu’un changement s’était opéré en toi. Tu t’étais soudain mis à pondre des textes et des mélodies qui n’avaient plus grand-chose de chansons destinées à un public d’adultes. Selon toi, la première du genre fut Les trois petits canards. Rapidement suivie d’un tas d’autres. Ça sortait tout seul. Ce nouveau style t’était absolument naturel. Dans le lot de ces toutes premières chansons pour enfants se trouvaient L’escargot et La bête à bon Dieu.

Pour moi c’était magique, je m’étais senti grand d’un coup et beaucoup plus intelligent surtout, car je m’étais soudain mis à comprendre tout ce que tu racontais dans tes textes. Du coup, je les chantais tout le temps, et je te suivais partout pour t’attirer, du haut de mes 5 ans, dans des duos improbables au petit-déjeuner, dans la salle de bains, dans ton bureau, au jardin, dans la voiture, aux toilettes, à la cave, au supermarché, dans le salon, au téléphone, pendant les infos et dans mon lit avant de m’endormir.

Toi, tu ne savais trop que faire de cette nouvelle forme d’écriture. Tu avais mis les partitions dans un classeur sans la moindre idée du jour où tu les en ressortirais, et si tu les en ressortirais un jour. La seule chose que tu avais tenu à faire était de conserver une trace de nos fameux « duos ». Tu avais donc emprunté un enregistreur Nagra à mon parrain, Claude Blanc, et tu m’avais fait chanter L’escargot et La bête à bon Dieu par-dessus ta voix et ta guitare, dans le salon, avec un micro sur pied et un énorme casque sur la tête. Tu avais eu la finesse de ne pas me diriger. Tu m’avais laissé chanter à ma manière, un peu faux et presque toujours à la bourre ou à la ramasse sur le texte. Je baillais, je parlais pendant les morceaux… Le résultat n’en était que plus drôle et rafraîchissant. À l’écoute de ces bandes, et après observation des réactions de maman et de quelques voisins avisés, tu avais pris la décision d’en faire un 45 tours. Cet objet absolument collector uniquement destiné à la Suisse avait été tiré à mille exemplaires en 1975.

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5 commentaires pour “Le joli mois de mai 1975”

  1. Le blog d’Henri Dès » Archive du blog » Souviens-toi: Ma petite soeur dit :

    [...] Une petite soeur, c’est magique, comme l’a écrit Pierrick. Si cette chanson t’évoque quelques souvenirs, tu peux la retrouver sur Club Tralalere. [...]

  2. ChantalNo Gravatar dit :

    Et sur la pochette de ce 45 tours il y a un dessin de Pierrick. J’ignorais que ce disque n’ a été tiré qu’à mille exemplaires. Et par chance le mien a survécu aux déménagements et aux moments de crises « rangements » ! Je vais de ce pas le mettre dans un safe !!!

  3. PhilippaNo Gravatar dit :

    J’ai beaucoup de plaisir à relire l’histoire de ces évènements et d’exprimer mon admiration du courage et du sens de l’humour qui dominent. Bravo et merci à Henri et à Pierrick!
    Philippa

  4. HervéNo Gravatar dit :

    Chantal, ça vaut cher un disque pareil!

  5. ChantalNo Gravatar dit :

    @ Hervé : et bien oui c’est pour cela que je vais le mettre à la banque, dans le safe avec ma tonne de bijoux !!!

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