Le Café-Concert de la Contrescarpe

Après le seizième épisode, et le pari fou de mon beau-père, poursuivons ensemble la lecture de la biographie “Henri Dès : du Fils au Père”.

Retour à Paris, début 1965, et retour à votre vie d’insouciante misère. Maman, comme une machine, s’était remise à taper ses lettres… à la machine, et toi à tourner de cabaret en cabaret en cabaret en cabaret, comme une toupie lancée à vive allure, se cognant et rebondissant aussitôt du mur à la chaise, de la chaise au frigo, du frigo à la table et ainsi de suite. Le Café-Concert de la Contrescarpe était devenu l’une de tes lueurs d’espoir. Tu y faisais le pied de grue avec d’autres prétendants chansonniers, espérant secrètement que l’un des artistes à l’affiche se pointerait en retard. Car dans ce cas, le gérant désignait l’un d’entre vous pour faire le tampon sur scène le temps d’une, deux ou trois chansons, avec peut-être à la clé un engagement moins précaire.

Tu finis par y décrocher un engagement fixe tous les samedis soir (30 minutes pour 10 francs dans la petite salle, 15 francs dans la grande salle). Pour la plupart des artistes, le samedi soir se transformait en montre contre laquelle il fallait courir comme un dératé, et il n’était pas rare pour certains de jouer dans six à huit lieux différents dans la même soirée. Une nuit, vers une heure du matin, tu avais vu de tes yeux vu Bernard Haller (compatriote helvétique comique bien connu) débarquer à la Contrescarpe à bout de souffle, monter sur le petit tréteau servant de scène, épuisé, en nage, et faire son numéro devant un auditoire mi-médusé, mi-stoïque. Le pauvre Bernard avait oublié qu’il avait déjà fait le même sketch, au même endroit, devant le même public, quelques heures plus tôt…

Tes gains mensuels de l’époque s’élevaient à 180 francs français en moyenne, et avec les 300 francs de maman et les pâtés à la viande transmis par la mission suisse de Paris par le papa de Zazou, vous arriviez tout juste à joindre les deux bouts. La sécurité sociale, alertée par tes maigres rentrées d’argent, avait même demandé à maman de leur certifier par écrit sa capacité à subvenir aux besoins de son mari.

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2 commentaires pour “Le Café-Concert de la Contrescarpe”

  1. Pochon AndréNo Gravatar dit :

    Bonjour à tous ceux qui aiment Henri,
    J’aimerais savoir comment le contacter car j’ai une chanson composée par moi-même que j’aimerais lui faire entendre.
    Si vous pouvez me le laisser savoir cela serait très aimable a vous.
    Je vous enremercie.
    André

  2. alamomeNo Gravatar dit :

    J’ai 46 ans, avec mon fils de 21 ans aujourd’hui je lui ai appris à penser et à vivre sur les chansons de Henri Dès. Et, aujourd’hui il est à la Sorbonne, et moi, j’aime à réentendre ses douceurs…
    Merci à vous

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