Archive pour la catégorie ‘Les Inédits’

Souviens-toi: Pour faire une chanson

Lundi 23 novembre 2009

Pour faire une chanson, qu’est-ce qui faut, qu’est-ce qui faut?
Pour faire une chanson, une guitare et un crayon.
Et puis du papier, il en faut, il en faut. (Poet’machine)
Et puis du papier, pour y mettre ses idées.
Oui mais les idées, ou est-ce qu’elles sont, où est-ce qu’elles sont? (Poet’machine)
Oui mais les idées, sont pas faciles a trouver.
Il faut bien creuser, tout au fond tout au fond.
Il faut bien creuser dans un endroit compliqué.

Poêt Machine évoque surement de fabuleux souvenirs à certains d’entre vous, en voici donc un petit extrait (avec Albert le Vert).

À la seconde où le coeur de ton père avait cessé de battre…

Samedi 20 juin 2009

Après le cinquième épisode, consacré à mon père, poursuivons ensemble la lecture de la biographie “Henri Dès : du Fils au Père”.

Les artères de ton père se sont définitivement bouchées le 6 juin 1958.

Il avait 57 ans, tu en avais 17. Il est mort sans crier gare, en pleine journée, dans les bras de ta mère, avec sa tristesse et ses secrets.

À la seconde où le coeur de ton père avait cessé de battre, tu étais penché sur ta table à dessin. À ta place de travail. Loin, très loin d’imaginer que la terre allait s’arrêter de tourner. Pendant quelques minutes encore après son dernier souffle, tu as continué à vivre dans l’insouciance. Alors que ta mère, elle, était déjà plongée tout entière dans la douleur. Cette latence me fascine. Ne pas savoir. Ne pas être là quand le malheur arrive. Avoir la chance de pouvoir faire comme si rien n’avait changé. Pendant quelques instants de plus. Alors que TOUT a changé. Mais sans pouvoir profiter pleinement de cette ignorance salutaire, car tu n’en as pas la moindre idée. Puis soudain, un coup de fil. Le patron qui vient t’annoncer avec des yeux de cocker que tu n’as plus de père. Que c’est définitif. Que l’homme de la famille maintenant, c’est toi !

Tu es descendu chez tes parents un peu groggy et incrédule. Tu regardais les gens dans la rue, et tu ne comprenais pas comment ils pouvaient continuer à faire leurs courses, à travailler, à vaquer à leurs occupations sans se préoccuper de ton cataclysme interne. Ton père venait pourtant de mourir, BON DIEU ! Mais non, pas un regard compatissant, rien. Devant leur incompréhension, tu avais séché tes larmes.

Le meilleur pédicure de Lausanne

Mercredi 17 juin 2009

Après le quatrième épisode, consacré à mes débuts au Café du Bourg, poursuivons ensemble la lecture de la biographie “Henri Dès : du Fils au Père”.

En fait, sans vouloir me vanter, je crois que ton père était LE meilleur pédicure de Lausanne, et peut-être même du monde, voire de l’univers… Il était probablement le meilleur Père Noël aussi, car sous ses airs sombres, il était d’une tendresse infinie, et avait revêtu la cape, la hotte, les bottes et la barbe à chaque Noël, dans un scénario rituel bien rôdé que tu as reproduit pour Camille et moi, et que je ferai durer le plus longtemps possible, jusqu’à ce que mon fils reconnaisse enfin mes mains, comme Nicole et toi aviez reconnu les siennes. Georges était sévère, mais juste. Distant, mais à l’écoute. Toujours prêt à discuter pour vous comprendre et vous aider. « Si tu veux faire le clown, apprends le métier et va le faire dans un cirque, mais pas à table ! » et « Sois le meilleur balayeur du quartier plutôt qu’un mauvais médecin », sont deux phrases d’anthologie prononcées par Georges. De ces phrases paternelles qu’il suffit d’entendre une fois dans l’enfance pour en garder la marque indélébile toute la vie durant.

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